Lake Mungo, le deuil et le surnaturel

Lake Mungo est un film sorti en 2008 et réalisé par Joel Anderson, ce film utilise ce que beaucoup de films d’horreur à petits budgets utilisent comme technique c’est à dire le film se présente comme un film documentairestyle documentaire, avec des fausses interviews d’amis et de familles en traitant l’histoire du film comme un fait. Sous une apparence simple Lake Mungo plonge dans les tréfonds du deuil pour en faire sortir les fantômes.

Une fille s’est noyée. Sa famille pense pourtant être hantée par sa présence. Scénario plus que simple sur le papier et qui est partagé par beaucoup de films de genre. La fille en question s’appelle Alice Palmer (clin d’oeil à Twin Peaks?). En passant par des fausses vidéos montrant des ombres dans la chambre d’Alice (réalisés , on l’apprendra plus tard, par son frère), un voyant qui a été consulté par Alice avant sa mort, des relations sexuelles douteuses découvertes en vidéo et surtout une mère ne pouvant laisser sa fille partir, on se demande où Lake Mungo va aller dans son approche de l’horreur. Surtout que, pour l’instant, personne ne parle de ce fameux lac.

Tout change lorsque l’ancien petit ami d’Alice révèle une vidéo venant d’un voyage scolaire ayant eu lieu près du lac Mungo, où l’on voit Alice creuser frénétiquement devant un arbre, semblant enterrer quelque-chose. La famille se rendra donc à ce fameux lac et trouvera l’arbre où l’objet enterré se révèle être le téléphone d’Alice. Sur ce téléphone se trouve une vidéo terrifiante, filmée par Alice, où elle se rencontre elle même morte, sous la forme d’un corps. La vidéo saisie le spectateur, Alice bien vivante s’est vue morte, présage sombre qui s’est réalisé par la suite. On en saura cependant pas plus sur la mort de cette dernière.

Le film se termine sur un plan de la maison familiale alors que la famille déménage, il n’y a plus d’évènements surnaturels. Pourtant alors que la famille part on peut apercevoir le fantôme d’Alice, abandonnée, sa famille a résolu son deuil mais Alice, elle, n’a toujours pas été vue. Outre le concept glaçant de se voir mort avant même que l’évènement ne se produise Lake Mungo joue donc sur la peur d’être inconnu au monde, inconnu pour ses proches. Après la mort nos proches pourront ils réellement dire qu’ils nous connaissaient ? Quand ils parleront de nous, parleront ils réellement de nous ? Lake Mungo est une petite perle sur le deuil et la mort, subtile et reposant sur une angoisse autant paranormale qu’existentielle.

7/10 : Thème excellent mais on peut déplorer des dialogues parfois un peu faibles et le style de réalisation assez inégal sur l’ensemble du film (faux-documentaire oblige).